vendredi 22 avril 2022

GUY LAFLEUR (1951-2022) : LA MORT EMPORTE UN VRAI DE VRAI...



Deux des plus grandes légendes du hockey, Mike Bossy et Guy Lafleur, viennent de nous quitter à quelques jours d'intervalle.  À plus d'un point de vue, ils se ressemblaient beaucoup.  Ils sont tous les deux décédés du cancer du poumon.  Ils ont dominé le monde du hockey comme peu de joueurs l'ont fait dans l'histoire de notre sport national.  Même force de caractère, même amour passionné de leur sport, même immense talent brut, deux travailleurs acharnés et perfectionnistes obsessifs.  Toutes des caractéristiques des grands athlètes.

Dans un article écrit pour mon blogue TEMPLE DE LA HONTE DU CH (https://templedelahonteduch.blogspot.com/2015/08/savoir-comment-sy-prendrecest-dire-pas.html) j'ai abordé comment le Canadien de Montréal a maltraité ou n'a pas honoré quelques-uns de ses plus valeureux porte-couleurs, vers la fin de leur carrière ou après leur retraite.

La liste est longue.  Mentionnons seulement les Jacques Plante, Henri Richard, Bernard Geoffrion, Émile Bouchard, Patrick Roy, et Guy Lafleur.  Même le grand Jean Béliveau a été hué par les fefans du Canadien à sa dernière année de carrière (1969-1970) quand la Sainte Flanelle a raté les séries éliminatoires pour une rare fois.  C'est l'une des raisons pour lesquelles je suis devenu un Anti-Habs.







Après avoir été le meilleur joueur de l'histoire du hockey junior au Canada, avec les Remparts de Québec, Lafleur a été repêché par le CH après une série de manigances du directeur gérant du tricolore Sam Pollock.  Déjà, à un si jeune âge, Guy avait une tonne de pression sur les épaules.  On le faisait photographier avec Maurice Richard et le Gros Bill (Béliveau) en le désignant déjà comme le successeur de ces deux légendes.

Est-ce en raison de cette pression énorme, ou de contraintes reliées à la tentative de l'enfermer dans un système de jeu qui ne lui convenait pas, qui ont fait que le nouveau numéro 10 a tardé (pendant trois ans) à s'affirmer avec le club dont il rêvait depuis son enfance ?  Ironiquement, c'est le même problème qui le poussera à prendre prématurément sa retraite quatorze ans plus tard.  Étouffé par le système défensif préconisé par l'entraîneur Jacques Lemaire, le démon blond n'est plus lui-même, et, trop fier pour accepter sa baisse de rendement, et son temps de glace de plus en plus réduit, il lance la serviette.

Le Canadien aurait-il pu lui donner la chance de continuer sa brillante carrière en l'échangeant à une autre équipe, dans laquelle il aurait été plus libre d'exprimer son immense talent offensif ?  

Auparavant, Lafleur avait eu d'autres raisons d'éprouver de la rancoeur envers les dirigeants du CH, en particulier, le président de l'équipe, Ronald Corey.  Bien qu'il était incontestablement le meilleur joueur du club (et de la LNH) il était sous-payé.  Quatre ou cinq de ses coéquipiers gagnaient plus d'argent que lui.  Lafleur a même dû menacer de faire la grève (un précédent, à l'époque) pour forcer les propriétaires de l'équipe à reconnaître sa valeur...

De plus, par-dessus le marché, après avoir été poussé indûment à la retraite, Lafleur accepta un poste d'ambassadeur ou d'agent de relation publique avec le tricolore, seulement pour être congédié -à nouveau- un an plus tard, parce qu'il revendiquait un meilleur salaire pour ses services.  Une nouvelle guerre de "Corey", en quelque sorte !




Après avoir été poussé vers la sortie par le Canadien, "Flower" continue de jouer pour le plaisir dans des matchs amicaux ou pour le bénéfice de bonnes oeuvres.  Évidemment, ce n'est pas du hockey professionnel mais plusieurs observateurs remarquent son aisance, sa vitesse, son excellent coup de patin, la force de ses lancers.  Ils se demandent pourquoi Lafleur ne joue plus professionnellement.  Son agent et ami Yves Tremblay pense la même chose et se met à rêver à un retour au jeu de son protégé.

Après avoir contacté quelques clubs de la LNH pour sonder leur intérêt envers cet ambitieux projet (dont Lafleur lui-même n'est pas au courant), les Rangers de New York, par l'entremise de leur entraîneur Michel Bergeron et du gérant général Phil Esposito, lèvent la main et montrent leur ouverture à cette idée qui semble très audacieuse.  Tremblay convainc Guy de tenter l'aventure et celui-ci prend la chose très au sérieux.

Avant de tenter sa chance au camp d'entraînement des Rangers, qui, cette année-là (1988) se déroule à Trois-Rivières, Lafleur subit un dur entraînement de boxe.  Il se présente à Bergeron et à Esposito dans une resplendissante forme physique.  Avant même la fin de son premier match d'exhibition, Esposito est si impressionné qu'il décide tout de go de lui faire signer un contrat.

Après une saison à New York, où il tient son bout en étant capable de compétitionner dans la grande ligue, Guy viendra terminer sa carrière avec les Nordiques, à Québec (deux ans), une ville chère à son coeur depuis ses années de gloire avec les Remparts.  Durant sa tournée d'adieu, Lafleur a enfin le sentiment de terminer sa carrière comme il était en droit de le faire.  Il reçoit les hommages, la reconnaissance et l'amour des amateurs de hockey partout où il passe.  Il est acclamé et il a la satisfaction d'avoir poussé sa passion du hockey jusqu'au bout...ce que le Canadien de Montréal ne lui avait pas permis.

Guy Lafleur était un hockeyeur spectaculaire, une super vedette au style unique en son genre.  C'était l'idole d'un peuple et ce dernier l'aimait tellement parce qu'il était resté un homme du peuple, accessible, généreux, gentil.  Gentil et généreux comme sa propre idole, Jean Béliveau.  Fougueux, leader, franc comme Maurice Richard.  Mais avec en plus ce savoureux sens de l'humour qui le rendait si sympathique.  On l'aimait et il nous aimait.  Tout naturellement et simplement.















Il n'acceptait pas les demi-mesures et la médiocrité, qui sont devenus les marques de commerce du Canadien de Montréal au cours des 25 dernières années.  Je me rappelle avoir bien ri quand Guy avait dit que le CH avait quatre 4e trios...  Ce fut tout le contraire quand je l'ai vu à Québec, en octobre dernier, lorsqu'on a retiré à jamais le numéro 4 qu'il avait brillamment porté dans ses formidables années dans la Ligue Junior Majeure du Québec.

On avait également dévoilé l'oeuvre d'art à sa gloire devant le Centre Vidéotron. De voir ce grand Québécois, amoureux de la vie, jadis une force de la nature, miné par la maladie, se sentant prématurément condamné, malheureux de faire ses adieux à tous ces admirateurs autour de lui, c'était d'une tristesse à fendre le coeur... 

On va s'ennuyer du franc parler, de l'entregent et du sens de l'humour de Ti-Guy !  En haut, précédé de justesse par Mike Bossy, que d'anecdotes savoureuses et d'éclats de rire les deux compères vont partager !  En apprenant le décès de Mike, Guy avait déclaré qu'il avait le coeur lourd.  Il n'a pas tardé à le rejoindre.  Qui se ressemblent s'assemblent !  Au plus haut des cieux !  Salut les gars ! Deux «vrai de vrai» champions !

Lors de sa vraie retraite, le 31 mars 1991, Québec lui avait rendu tout un hommage dans le vieux Colisée.  Pour voir la belle cérémonie qu'on lui avait réservée, voir mon article sur mon blogue NORDIQUEBEC : https://nordiquebec.blogspot.com/2022/05/la-legende-de-ti-guy-quebec-31-mars-1991.html      

mardi 15 février 2022

LE CH, UNE DES PIRES ÉQUIPES DE TOUS LES TEMPS : MAIS, MAIS, VOIR UN FEFAN PLEURER (2)



Le Canadien de Montréal est la risée de toute la Ligue Nationale de Hockey.  Une des pires équipes de l'histoire.  Ils ont perdu leurs dix derniers matchs et 23 de leurs 25 derniers.  Ils sont bien installés dans la cave du classement général.    Ils  sont à 13 points du Kraken de Seattle, un mauvais club d'expansion.


Leurs têtes dirigeantes tombent l'une après l'autre.  Leurs joueurs rêvent d'être échangés pour fuir l'enfer du bidonville de Mourial.  Leurs partisans ont honte de leur ex-glorieux et ils se cachent, pour pleurer ou avaler leurs anti-dépresseurs.


Depuis que Nikita Kucherov les a ridiculisés dans son point de presse après avoir gagné sa deuxième Coupe Stanley d'affilée avec le Lightning de Tampa Bay, rien ne va plus pour les fefans du Cacanadien de MoronsRéal.  Kucherov ne voulait pas retourner dans la métropauvre après avoir vu l'incroyable scène de liesse des fefans, célébrant la seule victoire du torCHon en finale, lors du match précédent la victoire décisive des Bolts.


Tout ça m'a inspiré une seconde version de VOIR UN FEFAN PLEURER.  J'en avais déjà écrit une sur mon blogue L'ANTI-HABS ILLIMITÉ en 2013, quand les CHaudrons étaient aussi minables que maintenant.  Voici le lien :

https://lantihabsillimite.blogspot.com/2013/01/bien-sur-les-habs-sont-bons-derniers.html




C'est une saison de rêve pour les Anti-Habs.  Savourons-là à plein !  Allons ! Chantons tous en choeur, sur l'air de la célèbre chanson de Jacques Brel, VOIR UN AMI PLEURER (vidéo ci-dessous).


«Bien sûr les Habs sont bons derniers,

Ils l'ont tellement bien mérité,

Sur la glace ils font tant pitié,

C'est le comble d'la médiocrité.


Bien sûr les fefans sont cachés,

Ils ne rêvent plus de Coupe Stanley,

Les Anti-Habs eux sont comblés,

De voir tous ces fefans pleurer.


Pas besoin de se suicider,

Dans le fond c'est juste du hockey,

Les Anti-Habs sont enchantés,

Mais... voir tous ces fefans pleurer...




Bien sûr les joueurs sont écoeurés,

Ils rêvent de se faire échanger,

Surtout quand ils se font huer,

Par tous ces fefans névrosés.


Le boss des CHieux n'ose plus parler,

Il perd des sous, il est navré,

Les fefans ont beau critiquer,

Il les laisse dans leur merde crouler.


Pas besoin de se suicider,

Dans le fond c'est juste du hockey,

Les Anti-Habs sont enchantés,

Mais...voir tous ces fefans pleurer...




lundi 27 septembre 2021

MERCI RÉJEAN !


Au cas où vous ne l'auriez pas encore découvert, les articles que j'écris sur mes blogues anti-canadiens de Montréal (CH) sont de nature humoristique.  Oh !  Parfois je m'échappe et je deviens trop sérieux.  Je joue au gérant d'estrades.

J'oublie le but et la raison pour lequels j'ai créé ces blogues.  Le but c'est de «jouer» avec le club de hockey Canadien de Montréal.  «Jouer avec», non pas en chaussant les patins et en revêtant l'uniforme tricolore pour m'aligner avec l'équipe; mais «jouer» dans le sens de «m'amuser de».

M'amuser en me moquant de ses performances, mais surtout de ses propagandistes, de ses dirigeants, et de ses partisans, spécialement ceux que le célèbre journaliste Réjean Tremblay appelle les «fefans» !

C'est sur ce dernier sujet que je veux revenir.  J'ai déjà pondu un billet là-dessus, il y a une douzaine d'années https://lantihabsillimite.blogspot.com/2009/08/quest-quun-fefan.html mais on me pose encore beaucoup de question sur la définition du mot «fefan».

Même si le mot en question ne se retrouve dans aucun dictionnaire, et que son auteur, Réjean Tremblay, ne l'a jamais défini clairement, il a laissé assez d'indices sur sa signification pour que l'on puisse deviner ce qu'est un «fefan».  Si bien, qu'au Québec, d'où vient le mot, il est entré dans le langage courant et qu'il «fait parler» !

En fait, les questionnements à son sujet viennent surtout de mes lecteurs internationaux, qui sont fort nombreux, notamment aux États-Unis, en Russie et en France.

Pourquoi et comment Réjean Tremblay a-t-il créé ce mot ?  D'abord, il ne faut pas s'étonner qu'il l'ait inventé.  Journaliste sportif depuis une cinquantaine d'années, écrivain, chroniqueur, scénariste renommé, Tremblay, 77 ans, originaire du Saguenay Lac St-Jean, est un amoureux de la langue française.  Sa longue et riche carrière est couronnée de succès.  En témoignent les nombreux prix et récompenses qu'il a mérités : trois prix Gémeaux pour la meilleure série dramatique (Scoop 1993, 1994, 1995); Gemini Award en 1988 pour la série télévisée «Lance et Compte»; Prix du Québec Jules-Fournier en 1983 pour la qualité de son écriture journalistique.

Monsieur Tremblay a «couvert» d'importants événements sportifs partout sur la planète (Jeux Olympiques, Courses de Formule Un, boxe, tennis, football, hockey, etc).  Il ne s'est pas contenté de rapporter des faits.  Ce n'est pas un simple reporter.  Il possède cette immense curiosité, -plus grande qualité d'un journaliste-, qui l'amène à débusquer la vérité en creusant au fond des choses, là où bien des confrères moins zélés ne veulent pas aller, soit par paresse, parce que c'est trop difficile ou trop risqué.

Chercher par tous les moyens, trouver les réponses aux questions essentielles, analyser profondément, bien réfléchir, et, ensuite, trouver les mots justes pour livrer les fruits de ces découvertes toujours passionnantes, voilà ce que Réjean Tremblay a accompli pendant la grande majorité de son parcours exceptionnel, en qualité de journaliste sportif le plus renommé du Québec.

Parce qu'un article de journal doit non seulement être vrai mais surtout intéressant, Réjean Tremblay a excellé dans cet art d'attirer l'attention du lecteur.  Doté d'un sens critique hors pair, le journaliste du Journal de Montréal est aussi un polémiste aguerri et un débatteur coriace.  Il aime combattre avec les mots, quitte à soulever des controverses et à se faire des ennemis.  Intelligent, tout en pimentant ses sujets d'écriture ou ses commentaires médiatiques, il sait éviter le libelle diffamatoire.  Il ne faut pas oublier son sens de l'humour qui teinte agréablement ses écrits et ses commentaires.

Diplômé en lettres et en pédagogie (1965, Université Laval, Québec), Réjean Tremblay, dont quelques-unes des séries télévisées ont fait le tour du monde, -comme lui d'ailleurs-, a commencé sa carrière à titre de professeur de latin et de grec dans des écoles de Chicoutimi.  Sa connaissance de ces langues anciennes ont fait de lui un savant étymologiste, capable de remonter à l'origine de la composition des mots.  Ce qui l'a sûrement aidé aussi à maîtriser admirablement la langue française et à connaître autant de succès durant sa prolifique carrière.

Ce qui explique aussi qu'il ait pu créer aisément et naturellement le mot «fefan».

Je soupçonne également Tremblay d'avoir appris l'art de la rhétorique durant ses études.  Sachant ainsi comment argumenter, il n'a jamais de mal à désarçonner les pauvres fefans qui le détestent et qui osent le défier en duel contradictoire.  Ces fefans sont de bien curieuses bêtes.  Ils sont uniques en leur genre.  C'est sans doute pourquoi Réjean Tremblay a trouvé nécessaire de les «nommer», pour ainsi les démasquer, et les révéler au monde entier.

En espérant peut-être que sa savoureuse invention fasse un jour son entrée dans le dictionnaire de la langue française !  Ce qui serait une autre de ses nombreuses réussites !

Merci et félicitations Réjean !  Par ton immense talent, tu nous as non seulement bien informés, mais tu nous as tellement bien divertis, en plus de nous faire aimer notre belle langue française !  Mais ça, les fefans ne peuvent ni l'apprécier ni le comprendre !

Dans un prochain article, je vais m'attarder justement sur l'étymologie du mot «fefan».  En riant, bien entendu...